Les jarretières fibre optique constituent le dernier maillon de vos infrastructures réseau, celui qui relie vos équipements actifs aux panneaux de brassage ou directement entre eux. Bien que souvent considérées comme un simple accessoire, elles jouent un rôle déterminant dans la qualité de vos transmissions. Un choix inadapté peut provoquer des pertes de signal importantes, des incompatibilités matérielles ou des pannes prématurées. Ce guide vous accompagne pour sélectionner les bonnes références selon votre contexte technique, comprendre les différences entre les produits du marché et adopter les bons gestes lors de l’installation.
Comprendre les jarretières fibre et éviter les erreurs de choix

Face à la diversité des références disponibles, il est facile de se perdre entre les codes couleur, les acronymes techniques et les promesses marketing. Pourtant, quelques repères simples permettent de lire correctement une fiche produit et d’identifier rapidement si une jarretière correspond ou non à votre besoin. Cette première étape vous évite des achats hasardeux et vous aide à dialoguer efficacement avec vos fournisseurs en posant les bonnes questions dès le départ.
Les principaux types de jarretières fibre optique et leurs usages concrets
On distingue principalement deux grandes familles de fibres pour les jarretières : monomode et multimode. La fibre monomode (souvent repérée par une gaine jaune) est conçue pour transporter le signal sur de longues distances, généralement au-delà de 500 mètres, avec un très faible affaiblissement. Elle convient aux liaisons FTTH, aux interconnexions entre bâtiments ou aux backbones de data centers.
La fibre multimode, identifiable par sa gaine orange (OM1, OM2) ou aqua (OM3, OM4, OM5), autorise des débits élevés sur des portées plus courtes, typiquement jusqu’à 300 mètres pour les versions les plus récentes. Elle s’impose dans les réseaux locaux d’entreprise, les salles serveurs et les environnements où la distance reste limitée mais où le débit doit être maximal.
| Type de fibre | Code couleur | Distance typique | Usage principal |
|---|---|---|---|
| Monomode G.652D | Jaune | Jusqu’à 10 km et plus | FTTH, WAN, backbone |
| Multimode OM3 | Aqua | Jusqu’à 300 m | LAN, data center |
| Multimode OM4 | Aqua | Jusqu’à 400 m | LAN 40/100 Gb/s |
| Multimode OM1/OM2 | Orange | Jusqu’à 275 m | Anciens réseaux LAN |
Comment interpréter les indications LC, SC, ST, APC ou UPC sur les cordons
Les mentions LC, SC et ST désignent le format du connecteur. Le connecteur LC (Lucent Connector) est compact, utilisé massivement dans les baies haute densité et les switchs récents. Le SC (Subscriber Connector) offre un format carré à poussoir, très répandu dans les installations FTTH et les tiroirs optiques historiques. Le ST (Straight Tip), à baïonnette, reste présent dans quelques installations anciennes mais tend à disparaître.
Les mentions APC (Angled Physical Contact) et UPC (Ultra Physical Contact) concernent le type de polissage de la férule en céramique située au bout du connecteur. Un polissage UPC est plan et génère un retour de lumière légèrement plus élevé. Le polissage APC présente un angle de 8 degrés qui réduit fortement les réflexions parasites, d’où sa couleur verte distinctive. On privilégie l’APC dans les réseaux FTTH et les liaisons sensibles aux réflexions, tandis que l’UPC reste courant en LAN et data center.
Fibre monomode ou multimode pour votre réseau, comment trancher simplement
Le choix entre monomode et multimode repose sur trois critères pratiques : la distance à couvrir, le débit visé et l’écosystème d’équipements déjà en place. Si votre liaison dépasse 500 mètres ou si vous prévoyez une évolution vers des débits supérieurs à 10 Gb/s sur longue portée, la monomode s’impose. Les transceivers monomodes coûtent généralement moins cher en version longue portée et offrent une meilleure pérennité.
Pour un réseau local confiné dans un bâtiment, avec des distances inférieures à 300 mètres, la multimode OM3 ou OM4 suffit amplement et permet de profiter de transceivers moins onéreux en courte portée. Si vos équipements actifs disposent déjà de modules SFP ou SFP+ multimode, prolongez cette logique pour éviter un mélange coûteux et source d’erreurs.
Bien choisir ses jarretières fibre en fonction de son installation

Une fois le type de fibre et le format de connecteurs définis, plusieurs paramètres techniques restent à vérifier pour garantir la fiabilité et la conformité de votre installation. Longueur, gaine, classement feu et certifications ne sont pas de simples détails administratifs : ils influencent directement la tenue mécanique, la sécurité incendie et la durée de vie de vos liens optiques. Cette section vous propose une grille de lecture concrète pour comparer les produits entre eux et éviter les pièges lors de l’achat en ligne.
Quels critères vérifier avant d’acheter une jarretière fibre optique en ligne
Avant de valider votre panier, contrôlez systématiquement les points suivants sur la fiche produit : type de fibre (monomode G.652D, multimode OM3, OM4), types de connecteurs (LC/LC, SC/SC, LC/SC), longueur exacte, diamètre de câble (1,6 mm, 2 mm, 3 mm) et type de gaine (PVC, LSZH). Une fiche incomplète ou imprécise doit vous alerter sur le sérieux du fournisseur.
Vérifiez également la présence de certifications ou de tests d’insertion loss (perte d’insertion) et de return loss (perte de réflexion). Une jarretière de qualité affiche une perte d’insertion inférieure à 0,3 dB pour du monomode et inférieure à 0,5 dB pour du multimode. Ces valeurs garantissent une transmission optimale et limitent les dégradations sur les liaisons longues ou les chaînes de plusieurs jarretières.
Longueur, rayon de courbure et gaine : des détails qui changent tout
Une jarretière trop courte vous oblige à tirer sur les connecteurs, ce qui fragilise les férules et peut provoquer des microfissures. À l’inverse, une longueur excessive encombre la baie, multiplie les risques de pliure et complique le repérage. Prévoyez systématiquement une marge de 20 à 30 cm pour absorber les déplacements d’équipements et faciliter les manipulations.
Le rayon de courbure minimal varie selon le diamètre de gaine : comptez généralement 30 mm pour une gaine de 2 mm, 50 mm pour une gaine de 3 mm. Respecter ce rayon évite les microcourbures qui augmentent l’atténuation et dégradent le signal. En environnement dense, privilégiez des jarretières avec gaine fine (1,6 mm ou 2 mm) pour faciliter le routage en goulottes ou en passe-câbles.
Le matériau de gaine joue également un rôle décisif : une gaine LSZH (Low Smoke Zero Halogen) limite les fumées toxiques en cas d’incendie, ce qui est exigé dans la plupart des bâtiments tertiaires et ERP. Une gaine renforcée (aramide ou câble blindé) s’impose dans les zones de passage ou en environnement industriel pour résister aux contraintes mécaniques.
Normes, classement feu et qualité pour les jarretières fibre en bâtiment
La réglementation européenne CPR (Construction Products Regulation) impose depuis 2017 un classement feu pour les câbles installés de manière permanente dans les bâtiments. Les jarretières sont souvent exemptées car considérées comme amovibles, mais il reste fortement recommandé de privilégier des gaines LSZH classées au minimum Cca pour garantir la sécurité en cas d’incendie.
Les fiches techniques sérieuses mentionnent également les normes IEC 61754 pour les connecteurs, IEC 61300 pour les tests de performance optique et mécanique. Ces références attestent que le produit a subi des contrôles de qualité rigoureux. En cas de doute, demandez au fournisseur les rapports de test ou les certificats de conformité : un vendeur professionnel les fournit sans difficulté.
Installation et bonnes pratiques d’utilisation des jarretières fibre
Même la jarretière la mieux spécifiée perdra en performance si elle subit des contraintes mécaniques excessives, des salissures ou des manipulations brutales. Quelques gestes simples permettent pourtant de préserver l’intégrité du lien optique et de garantir une longévité optimale. Cette section vous accompagne du raccordement initial jusqu’à la maintenance courante, en passant par les précautions à prendre lors d’un remplacement en production.
Comment installer proprement une jarretière fibre dans une baie ou un coffret
Avant de raccorder une jarretière, planifiez son cheminement en respectant des courbes douces et en évitant toute torsion. Utilisez les guides-câbles et les passe-fils fournis avec la baie pour maintenir les jarretières sans serrage excessif. Un simple serre-câble trop serré peut écraser la gaine et créer une atténuation parasite.
Maintenez une longueur de câble suffisante pour absorber les mouvements d’équipements et prévoyez un stockage en boucle (love) au sein de la baie, sans jamais descendre en dessous du rayon de courbure minimal. Identifiez chaque jarretière à l’aide d’étiquettes ou de gaines thermorétractables numérotées pour faciliter le dépannage et limiter les erreurs de manipulation.
Avant de clipser les connecteurs, vérifiez que les férules sont propres et protégées par leurs capuchons jusqu’au dernier moment. Une fois le raccordement effectué, testez immédiatement le lien avec un localisateur de défaut visuel (VFL) pour repérer toute casse ou mauvais contact.
Nettoyage, manipulation et tests de base pour préserver le signal optique
Un simple grain de poussière ou une trace de gras sur la férule peut générer une perte de plusieurs décibels et perturber gravement la transmission. Avant chaque connexion, nettoyez systématiquement les connecteurs avec une lingette optique spécifique ou un stylo nettoyant à sec. Évitez les chiffons classiques qui déposent des fibres textiles et aggravent la contamination.
En cas de doute, inspectez la férule avec un microscope de poche optique : vous détecterez immédiatement les rayures, les particules ou les traces d’humidité. Cette vérification prend quelques secondes et évite des heures de recherche de panne. Conservez toujours les capuchons de protection sur les connecteurs non utilisés et rangez les jarretières en réserve dans des sachets antistatiques.
Pour un contrôle plus poussé, mesurez la perte optique avec un appareil de mesure (power meter et source lumineuse) ou un réflectomètre OTDR pour les liaisons critiques. Une jarretière monomode correctement installée affiche une atténuation inférieure à 0,3 dB, tandis qu’une jarretière multimode reste sous 0,5 dB.
Quelles précautions prendre lors du remplacement de jarretières existantes
Remplacer une jarretière en service nécessite une planification minutieuse pour minimiser l’impact sur les utilisateurs. Préparez la nouvelle jarretière en amont : vérifiez sa longueur, nettoyez les connecteurs et testez-la si possible sur un lien de secours. Annoncez la coupure aux services concernés et prévoyez un créneau court, typiquement 5 minutes maximum.
Débranchez l’ancienne jarretière en douceur en tirant sur le corps du connecteur, jamais sur le câble lui-même. Protégez immédiatement les ports optiques avec des capuchons pour éviter toute contamination pendant la manipulation. Raccordez la nouvelle jarretière, testez le lien avec un VFL puis vérifiez la connectivité réseau avant de refermer la baie.
Conservez l’ancienne jarretière si elle n’est pas endommagée : elle peut servir de secours en cas de panne ultérieure. Tracez l’intervention dans votre documentation réseau (date, référence de la jarretière, raison du changement) pour faciliter les audits et les diagnostics futurs.
Questions fréquentes et conseils pratiques sur les jarretières fibre
Certaines interrogations reviennent régulièrement lors de la conception ou de l’exploitation d’un réseau optique. Cette dernière section regroupe les questions les plus courantes et propose des réponses concrètes, directement applicables sur le terrain. Vous pourrez vous y référer comme à une fiche mémo lors de vos prochains projets de câblage ou de migration d’infrastructure.
Peut-on mélanger différentes jarretières fibre sur une même installation réseau
Oui, à condition de respecter la compatibilité entre type de fibre, connecteurs et équipements actifs. Vous pouvez par exemple associer des jarretières LC/LC et SC/SC sur un même réseau, pourvu qu’elles utilisent toutes de la fibre monomode OS2 ou toutes de la multimode OM3. En revanche, évitez de mélanger monomode et multimode sur un même lien : la différence de diamètre de cœur (9 µm contre 50 µm) provoque des pertes catastrophiques.
Le mélange de polissages UPC et APC sur une même liaison est également à proscrire : il génère des pertes par réflexion très élevées et endommage potentiellement les connecteurs. Si votre infrastructure combine les deux types, documentez clairement les zones UPC et les zones APC pour éviter toute confusion lors des interventions.
Comment choisir entre jarretière simplex, duplex ou multifibres selon l’usage
Une jarretière simplex ne contient qu’une seule fibre et s’utilise pour des liaisons unidirectionnelles ou pour des applications spécifiques comme certains capteurs. La plupart des équipements réseau nécessitent une transmission bidirectionnelle, ce qui impose une jarretière duplex (deux fibres côte à côte) : une pour l’émission, une pour la réception.
Les jarretières multifibres (4, 8, 12 fibres ou plus) rationalisent le câblage dans les data centers ou les salles serveurs à forte densité. Elles réduisent l’encombrement, facilitent le routage et accélèrent les déploiements de masse. Toutefois, elles exigent des connecteurs spécifiques (MTP/MPO) et des équipements compatibles. Privilégiez les solutions multifibres si vous prévoyez une évolution rapide du nombre de liens ou si vous déployez des technologies 40/100 Gb/s en parallèle.
Où acheter des jarretières fibre fiables et comment évaluer un fournisseur
Les distributeurs spécialisés en matériel réseau offrent généralement un catalogue étendu, des fiches techniques détaillées et un support technique réactif. Les plateformes généralistes proposent des prix attractifs mais leur niveau d’expertise varie fortement. Avant de passer commande, vérifiez que le fournisseur affiche clairement les normes respectées, les résultats de tests optiques et les conditions de retour en cas de non-conformité.
Demandez systématiquement un devis détaillé mentionnant la référence exacte, le type de fibre, les connecteurs et la longueur. Un fournisseur sérieux répond rapidement, fournit des certificats de conformité sur demande et propose un SAV en cas de problème. Méfiez-vous des prix anormalement bas : une jarretière de mauvaise qualité peut afficher des pertes optiques deux à trois fois supérieures à la norme, ce qui dégrade vos performances réseau et nécessite un remplacement rapide.
Une anecdote courante illustre ce piège : un responsable infrastructure a commandé un lot de 50 jarretières LC/LC monomode à prix cassé sur une plateforme d’import. À la réception, les connecteurs présentaient un polissage approximatif et les pertes optiques dépassaient 1 dB, soit plus de trois fois la valeur acceptable. Résultat : retour du lot, délai de plusieurs semaines et surcoût global bien supérieur à l’économie initiale. Privilégiez toujours la traçabilité et la qualité pour vos jarretières fibre, ce sont des investissements minimes au regard des enjeux de performance et de disponibilité de votre réseau.
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